Trappelune

Mariages

1 Leila & Yann
2 Samira & Thierry

Il était arrivé sur son cheval d'acier,
Le jean et le faciès plutôt mal repassés
Et dans sa tête vide, le vent du désert
Creusait de longues rides d'ennui, de poussière
Ça faisait trop longtemps qu'il tournait dans ce quartier morose
Dans ses bottes de cow-boy qui sentaient pas la tulipe
À rechercher le flouze, à rechercher son style
À rechercher le clef de douze pour refaire le plein d'huile
Il voyait son avenir fade et creux
Dans ce pays moisi entre truffade et pneus
Alors il s'est dit fils de Zivas prends sur toi,
Et fais le pari de sortir encore une dernière fois
Et si ce soir tune rencontres pas l'âme sœur,
T'iras noter ton désespoir dans l'huile de tracteur
Et c'est là qu'il l'a vue, accoudée au bar
Une épaule nue sous de grands yeux noirs
Il a senti son cœur piaffer comme le moteur de sa BM
Il n'a pu résister il lui a dit,
je t'aime !

Si tout le quartier rit
Moi je dis que ça m'ira,
C'est que l'on a vu la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié
Et tout le quartier dit
Sûr qu'un jour on les mariera,
Je veux parler de la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié

Elle était arrivée légère par la navette, enfin le train
Qui reliait son univers à la planète des humains
Mais dans sa tête vide, le vent de l'Isère
Ne soufflait que poèmes acides et tas de rimes à l'envers
Ça faisait trop longtemps qu'elle tournait dans ce quartier morose
Á éconduire ses prétendants et leurs bouquets de bégonias
Á dire ce soir pas possible, moi je chorba
J'ai lu les signes invisibles dans les tarots chinois
Elle voyait son avenir terne, sans joie
Dans ce pays moisir entre le CERN et les noix
Alors elle s'est dit, purée allez, prends sur toi
Et fais le pari de sortir encore une dernière fois,
Et si ce soir tu ne rencontres pas l'âme frère
T'iras noyer ton désespoir dans de la graisse à traire
Et c'est là qu'il a frôlé ses longs cheveux
De sa démarche chaloupée, de ses grands yeux bleus,
Elle a senti son cœur bondir comme un troupeau de rennes
Elle n'a pas pu résistir elle lui a dit
Je t'aime !

Si tout le quartier rit
Moi je dis que ça m'ira,
C'est que l'on a vu la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié
Et tout le quartier dit
Sûr qu'un jour on les mariera,
Je veux parler de la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié


 

3 Waloo & Pierre

Acte I

Pierre est seul il arrive au bureau
Devant lui une grosse journée de boulot
Va falloir avant la pause du déjeuner
Lire les news du Monde et le Canard Enchaîné 
Woaou
A peine lundi et déjà j’suis mort  Vivement les RTT
Mais comment voulez-vous que je garde le moral ?
Carla s’est encore foulé une corde vocale
Et pendant que les Bush nous refont le coup du Wietnam
L'essaim des Sarco-mouches nous harcelle à Panam
Avec ça la planète qui fait que s’échauffer
Va falloir vivre en slip comme les bamilikés
Le CAC à la dérive et les bourses écroulées
Je vous jure que c’est vrai, là,  c’est écrit dans Libé
Mais Pierre Il s'en fout, il a Waloo
Pour Pierre  tout va bien  Y craint dégun !
Il sait bien qu’c’est elle Qui tire les ficelles.

Acte II 

Waloo seule à la fête du quartier
Tout va bien le chatelet ne s'est pas écroulé (pas encore)
Devant les marionnettes 200 mômes affalés
Qui lui lancent des rires et des crottes de nez
Mais soudain tout d'un coup au passage d'un typhon
Zéphyrette amoureuse a lâché son ballon
En montant le ballon a croisé la girafe
Profitant d'son élan il lui a collé une baffe
La girafe vexée en a perdu ses taches
Qui sont venues zébrer les fesses blanches de la vache
Un carton affamé se prenant pour un lion
N'en a fait qu'un bouchée sans même cracher le croupion
Pourtant Hortense, c'est son spectacle, c'est elle qui l'a écrit
elle y met tout son coeur, elle y met toute sa vie.
Mais Waloo elle en a rien à faire  Elle a Pierre !
Pour Waloo tout va bien  Elle craint dégun !
Son petit tas d'Pierre  Elle y croit dur comme fer.


Acte III  

les voilà enfin en RTT
La voile est dépliée la BM est pliée
Trois p’tits pas en avant , les voilà envolés
Accrochées aux nuages, l’esprit évaporé
Hoooo ! c'que c'est beau, des cumulo-nimbus !!

Pierre maintenant qu'on est seul, tu m'en roule une petite ?
Désolé j'ai pas le temps faut qu' j'enroule un thermique
Norbert on fonce dans un Airbus A320 !
Meuh non, c’est un Boeing,  t’y connais vraiment rien !
Hé Pierre, moi yé pas d' place, tou veux bien té pousser ?
Pouis que tou me l' demande oui, yé veux bien t'épouser
Hé pierre, tou trouves pas qu'la voile part en sucette ?
T'inquiètes pas j' maîtrise j'ai pris mon altimètre

Oui Pierre, y s'en fout, il a Waloo
Pour Pierre  tout va bien' il craint dégun !
Il sait bien qu’c’est elle qui tire les ficelles.
Et Waloo elle en a rien à faire, elle a Pierre !
Pour Waloo tout va bien, elle craint dégun !
Son petit tas d'Pierre  elle y croit dur comme fer.
 

4 Bigoudin'Blues

Que savez vous de l'amour,
Tas de clodos, ramassis de pucelles
Vous qui n'avez jamais connu
Ni Mister P.  ni Mademoiselle Stelle 
Je sens bien que vous piaffez
 de connaître toute la vérité
Afin que ma langue se libère
Il vous suffit de verser dans mon verre
Du rouge

C'est un vendredi soir banal, 
Dans la proche banlieue de Lamballe
Faut valser comme des pingouins au bal
Autour des ronds points baignés de lumière sale
Mister P est complètement tout seul, 
Dans sa Simca 1000 asthmatique 
Y s' gare au parking de chez Lideul
Et s' dépêche d'aller claquer son fric
Sa paye

Par le tourniquet vitré de l'entrée, 
Comme un pauvre moustique, aspiré
Mister P. se laisse ballotter 
Comme un vieux sac plastique, vidé
Dans le flot d' hagardes rombières
Baveux zombis aux crocs de vampires
Une idée fixe dans la soupière
Remplir, remplir, remplir
Le caddy 

Il trouve un refuge précaire, 
à l'angle du rayon chaussures
Il se recoiffe, se recale la paire, 
Quand une voix divine lui susurre :
" Dès ce soir, ô client très cher, 
Tu pourras super marcher
Toutes nos baskets de marque repère
Sont  pour toi seul à prix sacrifiés "
C'est le pied !

Au rayon déodorants tifrices, 
elle l'a déjà devancé
Qui ça? Madmoiselle Stelle bien sûr sans artifice, 
Vous l'aviez sans doute déjà deviné
Elle lui glisse tendrement dans l'oreille, 
De ses petits conseils avisés
Lui glisse fermement dans la corbeille
Un pack de cotons tige parfumés
Au crabe

Échoué au rayon poissonnerie, 
Son panier à neurones se déchaîne
Cette voix enjôleuse qui comme une marée le suit
Plus l'ombre d'un doute c'est une sirène
Il sent sa raison défaillir, 
comme jadis ce bon vieil Ulysse
Quand elle lui conseille de saisir
La promo sur les écrevisses
Pas lourdes
 
Mister P. faut pas lui en compter
Y sait qu' les sirènes ça vit dans l'eau
Et comme de métier il est plombier
Y sait que l'eau ça vit dans les tuyaux
Ni une, ni deux, le v' là qui dégaine
Sa panoplie de clefs à molettes
Et comme un cinglé il se déchaîne
Sur l'alimentation des toilettes
Ça gicle

Mister P. a de l'eau jusque sous les aisselles
La supérette est évacuée
C'est la foire à l'éponge au rayon vaisselle
On entend la sirène des pompiers
Quand soudain, surgie de nulle part
Surfant une boite de caviar
Elle lui fait le coup du T-shirt mouillé
La sirène du supermarché
Il craque
 
La Bretagne est un pays rude 
Infesté de bretons et de bretonnes
La Bretagne est un pays prude
Un repaire de curetons et de nonnes
Pas question de vivre dans le pécher, c'est mal
Enfin pas plus d'une vingtaine d'années
A près délibération bi décennale
La terrible sentence est tombée
Faut les marier

Bon ben, c'est fait.

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