C'est quoi cette plante dans mon jardin,
J' l'avais pas vue hier
Regarde moi ces feuilles, on dirait des mains
De voleur
Elle est plutôt belle, Comme elle s'élance
Une tige fine et sans épines
Mais on m' la fait pas J'ai pas confiance
En ses racines
Je n' sais pas comment elle est arrivée
J'ai pas vu d' mes yeux vu
Mais je sais bien qui je dois soupçonner
Crénom de gu !
C'est que j'en vois passer, sous mes nuages
Des oiseaux migrateurs
Qui me lâchent sur le nez leur plumage
De couleur ! [ j'aime pas trop la couleur ]
Moi, tout c' que j' demande
C'est un peu d'ordre dans mes plates-bandes
Qu'on me laisse tranquille, tranquille
Est-ce vraiment trop demander
Que de n'être pas sans cesse dérangé ?
Jardiner tranquille, tranquille
J'ai rien contre les graines estampillées
D'origine étrangère
La preuve que je suis cool, j'ai bien adopté
La pomme de terre
J' reconnais volontiers quelle nous a tiré
De plus d'un sale hiver
C'est pas une raison pour supporter
La terre entière
Je me doute bien, vu d'où elle vient
La petite maligne
Qu'elle préfère se gaver sur MON terrain
Les étamines
C'est vrai qu' la terre est riche dans l'quartier
Faut voire c' qu'on y gaspille comme engrais
Mais on peut pas tout de même empiffrer
Toute la forêt [ j'aime pas trop la forêt ]
Moi, c' qui m' fait rêver
C'est de belles rangées de navets
Des légumes faciles, dociles
J'aimerais tant cultiver
Rien que des baguettes ou des bérets,
Du pas xénophiles, du local style
J' peux plus les supporter
Ces végétaux sans pédigrée
Aux fleurs graciles, oui mais inutiles
Moi, tout c' que j'espère
C'est le respect de ma frontière
Qu'on me laisse tranquille, immobile
Dans mon argile
Immobile , un veux fossile
C'est quoi cette plante dans mon jardin,
Elle y était pas hier
Regarde moi ces feuilles, on dirait des mains
De chômeur
Moi ma terre j'y ai transpiré
Week-ends et jours fériés
Les ampoules de mes mains j' vais pas les lâcher
Plutôt crever !
Crois moi, j'ai rien contre partager,
Mais pas des trucs que je m'ai gagnés
Ici c'est mon île, j' veux y vivre tranquille,
Je ne suis pas trop diversité
J' penche plutôt consanguinité
Je baigne dans mon huile, mon nombril
Pourquoi devrais-je te respecter,
Toi, t'es même pas né dans ma vallée
Laisse moi donc tranquille, dans mon asile
Moi, les légumes importés,
Y' a rien a faire, j' peux pas les digérer
J'ai le foie fragile, plein de bile,
Qui a dit débile ?
Il était un grand figuier
Qui donnait en toute saison
A qui voulait y goûter
Des fruits doux comme des bonbons.
Privilège du long cou,
La Girafe, en Reine, se réservait
Bien bronzés sur les deux joues
Les fruits murs du sommet.
Trois macaques obséquieux
Peu avares en révérences
étaient prêts à toutes les danses
Pour dîner pas trop loin des cieux
L'éléphant, juste en dessous
Long de trompe, sinon de cou
S'adjugeait en bon notable
Une part fort confortable
Plus bas, c'étaient les gazelles,
Délicieuses demoiselles
Qui d'un bond savaient cueillir
De quoi se ventre garnir.
Et ainsi à chaque étage,
Profitant du grand partage
Chacun pouvait faire ripaille
Selon son rang et sa taille,
Les petits comme les grands
Les maigres et les bedonnants
Les agités et les calmes,
Ceux à plumes et ceux à palmes,
Ceux qui se lèvent à midi,
Ceux qui dînent à minuit,
Jusqu'aux fourmis minuscules
Se léchant les mandibules
Et garnissant le bidon
Des restes tombés à foison
Mais un jour, est-ce par caprice,
Gourmandise ou avarice
Dame Girafe se mit en tête
De faire plus bas ses emplettes
« Les fruits murs à ma portée
Ne me suffisent qu'à moitié
S'il me plaît de mieux dîner
Les autres n'ont qu'à jeûner.
Après tout je suis la Reine,
Qui pourrait m'en empêcher ? »
N'écoutant que sa bedaine,
Elle se gava sans compter
Les macaques dérangés
Eurent beau faire la grimace
Il leur fallu décamper
Et plus bas se faire une place
L'éléphant n'eut d'autre choix,
Sous peine de perdre poids,
Que de dîner lui aussi
Chez un voisin plus petit.
Et ainsi de proche en proche
Pénurie se répandit
Chacun allant faire les poches
A plus démuni que lui.
Résultat : en bas d'échelle
La famine s'installa
Courants d'air dans les gamelles
Colère dans les estomacs.
Ne voyant jusqu'à leurs pieds
Plus rien tomber du figuier
Les fourmis, criant famine,
S'attaquèrent à ses racines
Elles y mirent tant d'ardeur,
Énergie du désespoir,
Qu'un beau jour sous leurs clameurs
Sur le sol on le vit choir.
Adieu trône et panacée
Plus de figues sans figuier !
Édifice mal gouverné
Ne demande qu'à s'effondrer …
L'empereur nouveau venu
promptement auto promu
Au moment de s'investir
Ferait bien d'y réfléchir
Djil est sorti dans les herbes folles éprises de givre
La lune venait de s'y baigner,
Il n'était pas vraiment pressé, ni rien d'autre, non,
Juste voir où ses vieilles godasses en bois
Pourraient bien le marcher
Djil a suivi dans la neige des traces légères,
La lune s'était cristallisée,
Danser, danser sur les pas de loup dans les congères,
L'a conduit jusqu'à sa tanière
Il n'aimait pas vraiment chasser, ni rien d'autre, non,
Juste voir si leurs rêves conjugués,
Pourraient bien les bercer
Djil s'est réveillé dans une chambre étrangère
La lune s'était démaquillée
Elle sentait bon le pain doré, la boulangère
Qui souriait à sont chevet
Il savait pas vraiment aimer, ni rien d'autre, non,
Juste voir si ses lèvres affamées
Pourraient bien l'enivrer
Djil a trébuché sous la lame d'acier lourde d'éclairs
La lune commençait à saigner
Dans les yeux fous du boulanger ivre de colère
Il n'avait personne à prier,
Il savait pas vraiment mourir, ni rien d'autre, non
Juste voir où son âme évaporée
Pourrait bien, loin, loin, l'envoler
Djil est parti dans les brumes indécises
La lune s'était déjà noyée
La lune s'était déjà noyée
Tu sais bien que je t' M
Pour moi tu es l'unique r' N
De l'impénétrable chât' O
Que j'aimerais tant occu' P
j'use d'habiles stratag' M
pour goûter au subtile poll' N
qu'en ton secret coquelic' O
jalouse tu tiens envelo' P
aime-haine opé
de ma pauvre vie d'ordure
M N O P
Entêtant alphabet
Je t'écris des po' M
où tu es la sir' N
qui enchante les O
où je grelotte trem' P
J'articule des phon' M
qu'en confettis j'égr' N
j'atomise mes m' O
en onomato' P
– Refrain --
Depuis mathusal' M
Je m'use et me dém' N
Vers toi je propulse mes javel' O
De marathonien do' P
Je balbutie mon requi' M
De pitoyable Betow' N
Je déroule mon lament' O
En boucles synco' P
Oh je t' M
Mais tu m' N
Une vie tr' O
Occu' P
Et m' M
Quand tu fr' N
Mon ég' O
est ha' P
Tu es la flamme de mon har' M
Ton corps de déesse pyrog' N
Fait bouillir mon risott' O
Mais me laisse consti' P
Quand tu prononces le mot M
Tes yeux distillent de la h' N
Prisonnier de ta schyz' O
Je ne sais m'échap' P
On pourrait pourtant vivre en tand' M
Mais tant de reproches tu égr' N
Que c'est chacun sur son p'tit vél' O
Que crétins têtus nous restons cam' P
– Refrain --
Faut dire
IR GT AC FAC, GT AG, KC, ABC,
L A OC C SL
MM LHIP D BN
L A OT C O, L A AJT C TT
HIN ! SRIE ? GT NRV, XIT!
G AC OBI, GCD, GAJ
G HT D KPO
Q DKP L A CD
O LN, LHO, MFSLM !
MA DS, LHO, MFSLM !
Je suis rentré un peu tard
Toi tu traînais dans le couloir
Je t'ai pas proposé d'entrer
Mais tu as du te faufiler
Faut dire je tombais de sommeil
Même pas remonté le réveil
Toute la nuit t'as du trifouiller,
Tes doigts tentacules allongés
Dans le noir secret des tiroirs
Á la recherche de jeux de clefs
Des codes secrets du vieux grimoire
Avec ton air d'improviser
Je te trouve bien organisé
Le lendemain un peu patraque
J'avoue j'ai traîné au plumard
Sans soupçonner tes plans d'attaque
Ton nez fouinant dans mes placards
T'as pris le temps de faire ton nid
Sans demander la chambre d'amis
T'es si mignon et si petit
Mais je te trouve bien malpoli
Quand est venue l'heure du dîner
T'avais déjà ouvert l'frigo
Sorti les nouilles et les pâtés
Et les cracra pour l'apéro
De voir ce tas tout mélangé
Ça m'coupe le goût et l'appétit
Je t'aurais bien accompagné
Mais j'préfère gerber dans mon lit
T'es bien sympa et pas bien grand
Mais je te trouve un peu gourmand
Que tu mettes les pieds sous la table
J'dis pas, ça restait supportable
Mais maintenant que t'as les pieds dessus
J'trouve ça légèrement superflu
Depuis que t'as coupé l' chauffage
J' me les gèle à tous les étages
Et t'arrêtes pas de monter le son
Moi ça m' résonne dans le melon
Tu dé-chaînes ma télé vision
Tu respires l'air de mes poumons
Avec ta p'tite tête couronnée
Moi je te trouve plutôt gonflé
Depuis qu' t'es là j'ai plus d'amis
Ou ils n'avancent que masqué
Y veulent pas de toi dans leur lit
y veulent savoir c' que t'as bâfré
D'autant que tu t'es pas pointé seul
T'es venu avec toute ta tribu
De fanatiques du linceul
De boulimiques jamais repus
Vous auriez pu attendre non
Avant d'attaquer le buffet
Que j'ouvre la porte du balcon
Que j'décide de déménager
J'aime la bio diversité
Mais je vous trouve un peu pressés