Il y a des cailloux qui respirent
Sournoisement,
Pas tout le monde ne le sait
Évidemment, ils sont tellement nombreux,
Qu'on ne les compte même plus,
On ne compte plus sur eux
Milliards de milliards de milliards de milliers
Tellement si nombreux qu'à force j' te jure
Par tas
Ils vivent par tas
Des tas de cailloux
Milliards de milliards de milliards de milliers
A force ça fait désordre
Ces monticules énormes
Allez donc repérer sous ces montagnes grises
S'il n'y en aurait pas un,
Par hasard,
Qui respire
Milliards de milliards de milliards de milliers …
D'ailleurs ils respirent tous
Là n'est pas mon propos
Car il y a des cailloux qui pensent
Et oui Monsieur, c'est comme j' vous l'dit
Des cailloux qui pensent
Sauf que là, Monsieur,
Très peu de gens le savent …
Mais cette fois, pas d'histoire
Ce ne peut être tous !
Tous les cailloux qui pensent,
On serait au courant
Non, quand même !
C'est que nous, voyez, des cailloux
On en croise tous les jours
On construit nos maisons avec
Et puis nos routes
Et puis aussi nos trottoirs
On fait des ponts avec,
Et on les jette des ponts
Que ça fasse plouf
Des ronds dans l'eau
Puis souvent encore
On les ricoche sur l'eau calme de l'étang
Pour faire passer le temps
Et puis on s'énerve,
Et on cogne dedans
On les cogne l'un sur l'autre
Triture,
Malaxe,
Concasse,
Marche,
Marche dessus …
On marche tous les jours
Sur des cailloux qui pensent …
Pas exprès
On savait pas
On les écrabouille de nos godasses sales !
Mais que sont ces quelques agonies
Capsules broyées par nos lourdeurs
Au regard des plaines infinies
Où leurs songes se mêlent aux fleurs ?
Et les cailloux, impassibles, songent
Et leurs songes, lentement
S'écoulent à gouttes épaisses
Cristallisent avec le vent,
Et s'envolent !
Billes d'ivresse
Se mêlent à tous les tourbillons,
Philosophies, Opinions
Fine limaille affutée
S'insinuent dans nos conversations
Poussière de sagesse grise
Arrachée aux siècles des siècles des siècles
De méditation
Alors les cailloux ricanent
Ricanent à gorge déployée
Car le monde ensablé est redevenu leur
Car nos cerveaux, encailloutés, sont redevenus leurs
Et leurs rires, surgis énormes
Hors de cavernes aux crocs de marbre
Colorent le vent qui pleure
D'un parfum de folie sonore
Il était arrivé sur son cheval d'acier,
Le jean et le faciès plutôt mal repassés
Et dans sa tête vide, le vent du désert
Creusait de longues rides d'ennui, de poussière
Ça faisait trop longtemps qu'il tournait dans ce quartier morose
Dans ses bottes de cow-boy qui sentaient pas la tulipe
À rechercher le flouze, à rechercher son style
À rechercher le clef de douze pour refaire le plein d'huile
Il voyait son avenir fade et creux
Dans ce pays moisi entre truffade et pneus
Alors il s'est dit fils de Zivas prends sur toi,
Et fais le pari de sortir encore une dernière fois
Et si ce soir tune rencontres pas l'âme sœur,
T'iras noter ton désespoir dans l'huile de tracteur
Et c'est là qu'il l'a vue, accoudée au bar
Une épaule nue sous de grands yeux noirs
Il a senti son cœur piaffer comme le moteur de sa BM
Il n'a pu résister il lui a dit,
je t'aime !
Si tout le quartier rit
Moi je dis que ça m'ira,
C'est que l'on a vu la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié
Et tout le quartier dit
Sûr qu'un jour on les mariera,
Je veux parler de la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié
Elle était arrivée légère par la navette, enfin le train
Qui reliait son univers à la planète des humains
Mais dans sa tête vide, le vent de l'Isère
Ne soufflait que poèmes acides et tas de rimes à l'envers
Ça faisait trop longtemps qu'elle tournait dans ce quartier morose
Á éconduire ses prétendants et leurs bouquets de bégonias
Á dire ce soir pas possible, moi je chorba
J'ai lu les signes invisibles dans les tarots chinois
Elle voyait son avenir terne, sans joie
Dans ce pays moisir entre le CERN et les noix
Alors elle s'est dit, purée allez, prends sur toi
Et fais le pari de sortir encore une dernière fois,
Et si ce soir tu ne rencontres pas l'âme frère
T'iras noyer ton désespoir dans de la graisse à traire
Et c'est là qu'il a frôlé ses longs cheveux
De sa démarche chaloupée, de ses grands yeux bleus,
Elle a senti son cœur bondir comme un troupeau de rennes
Elle n'a pas pu résistir elle lui a dit
Je t'aime !
Si tout le quartier rit
Moi je dis que ça m'ira,
C'est que l'on a vu la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié
Et tout le quartier dit
Sûr qu'un jour on les mariera,
Je veux parler de la femme Sam
Avec l'homme que l'on nomme Thié
Tu sais bien que je t' M
Pour moi tu es l'unique r' N
De l'impénétrable chât' O
Que j'aimerais tant occu' P
j'use d'habiles stratag' M
pour goûter au subtile poll' N
qu'en ton secret coquelic' O
jalouse tu tiens envelo' P
aime-haine opé
de ma pauvre vie d'ordure
M N O P
Entêtant alphabet
Je t'écris des po' M
où tu es la sir' N
qui enchante les O
où je grelotte trem' P
J'articule des phon' M
qu'en confettis j'égr' N
j'atomise mes m' O
en onomato' P
– Refrain --
Depuis mathusal' M
Je m'use et me dém' N
Vers toi je propulse mes javel' O
De marathonien do' P
Je balbutie mon requi' M
De pitoyable Betow' N
Je déroule mon lament' O
En boucles synco' P
Oh je t' M
Mais tu m' N
Une vie tr' O
Occu' P
Et m' M
Quand tu fr' N
Mon ég' O
est ha' P
Tu es la flamme de mon har' M
Ton corps de déesse pyrog' N
Fait bouillir mon risott' O
Mais me laisse consti' P
Quand tu prononces le mot M
Tes yeux distillent de la h' N
Prisonnier de ta schyz' O
Je ne sais m'échap' P
On pourrait pourtant vivre en tand' M
Mais tant de reproches tu égr' N
Que c'est chacun sur son p'tit vél' O
Que crétins têtus nous restons cam' P
– Refrain --
Faut dire
IR GT AC FAC, GT AG, KC, ABC,
L A OC C SL
MM LHIP D BN
L A OT C O, L A AJT C TT
HIN ! SRIE ? GT NRV, XIT!
G AC OBI, GCD, GAJ
G HT D KPO
Q DKP L A CD
O LN, LHO, MFSLM !
MA DS, LHO, MFSLM !
Les Nez sont ainsi fort judicieusement nommés
A cause de la taille du leur,
Énorme !
Il peut peser jusqu'à trois fois le poids de l'individu entier
Qui s'étonnera alors
De les voir champions du monde en rhume des foins l'été,
Personne,
Et puis aussi champions d' bourre-pifs,
Boules puantes et mouchoirs en papier
N'allez pourtant pas croire,
Qu'être nez quelque part
Soit une sinécure, Que non !
Ils voient pas plus loin que le bout du leur,
Faut voir le prix des montures
J'ai un problème, j'ai épousé un Nez
Qui jamais ne me sort
Comment sortir avec un Nez
Sans mettre le Nez dehors ?
Depuis qu' j' suis tombé nez à lui
Il me mène par le bout du mien
Pourtant au début j'ai bien cru
Qu'avec lui on se sentirait bien
Quand je lui fais du pied,
Il me fait des pieds d' Nez
Car mon Nez pine du pied,
Et c'est un Nez talon !
Pour pas être emmerdé
J'aurais dû épouser un Nez tronc !
Les Nez sont ainsi fort judicieusement nommés
A cause de la taille du leur,
Énorme !
A leur tirer les vers, on peut gâcher une vie entière
J'ai pris mon courage à deux mains,
J'ai pris les devants,
J'ai pris rendez-vous à demain,
Oh oui à demain deux heures
Tic tac c'est demain …
J'ai pris le bus métro tard
J'ai pris le taxi
J'ai pris par les boulevards
Ho, j'ai pris les boules voir
Tous ces putains d'embouteillages !
J'ai pris l'ascenseur en marche
Au bout du couloir
J'ai pris la peine d'entrer
J'ai pris plaisir à te revoir
Tout comptes faits à tout prendre
J'ai pas envie d' te rendre …
J' t'ai pris par les souvenirs,
Paf, t'as pris la mouche !
J'ai pris le parti d'en rire …
J'ai pris les nouvelles du jour,
J'ai pris un whisky
J'ai pris mille détours
Avant d'prendre ta main dans le noir,
Et là Paf ! j'ai pris ta main dans la poire
J'ai pris l'ascenseur en marche
Au au fond du couloir,
J'ai pris mes jambes à mon cou,
J'ai pris une cuite à plus en pouvoir
Tour comptes faits à tout prendre
J'ai pas envie de rendre
Oh non pas vomir !
Mon problème c'est quoi ?
Ben mon problème c'est :
Depuis qu' j'ai pris de toi
Moi je épris de toi
Depuis qu'ai pris deux doigts de toi
Moi je épris de toi
J'ai connu un nain
Qu'on appelait « hé, Vendredi ! »
Même qu'un jour il mit le feu
Jusqu'à l' « ID » de son prénom
Ce fut un nain sans « DI » terrible
J'ai connu un nain
Soyeux et agréable à caresser
Je sais ça semble étrange
Faut dire qu'il était étranger
C'était un nain doux
Vous allez me dire une nain d'où ça ?
J'ai connu un nain
Qui faisait croire aux autres qu'il était Dieu
Faut dire qu'il avait six pattes
Et des ailes sur le dos
C'était un nain secte
J'ai connu un nain,
C'était une statue dans une église
On lui brûlait des cierges
Mais lui c'est pas ça qu'il voulait
C'était un nain qu'on prie
Jai connu un nain
Noir et blanc
Plumé, qui jacassait tout l'temps
Mais fallait pas lui parler
Ni religion ni couvent
C'était un nain pie
J'ai connu un nain
Qu'avait les crocs et s'empiffrait
De toute la bouffe qu'on lui donnait
Mais qui jamais ne remerciait
C'était un nain gras
J'ai connu un nain
Au contraire
Sans aucune aspérité
C'est p' t-être pour ça que mon dentiste
Me l'avait couronné
C'était un nain plan
Tiens, puis qu'on parle dentiste
J'ai connu un nain
Qui n'avait que sept dents
Un jour on en est venus aux mains
J'y ai niqué une pré-molaire
Ce fut un nain six dents fâcheux
Ben tiens puisqu'on parle dents
J'ai connu un nain
Qui était charpentier
Mais il savait jamais avec quelle scie
Fallait qu'il coupe son morceau d'bois
C'était un nain des scies
Un autre nain que j'ai bien connu
Pendouillait dans un stand de tir
Pourtant je suis pris au dépourvu
Dès que j'essaye de le décrire
C'était un nain dit cible
J'ai connu un nain
Avec la queue en tire bouchon
Il était arrivé en France
Dans une malle par avion
C'était un nain porc
J'ai connu un nain
Qui travaillait à l'hôpital
A force de gratter comme un fou
Il avait le trognon tout pâle
C'était un nain terne
J'ai connu un autre nain
En sport il était super fort
Il s'était fait tatouer
La date de tous ses trophées
C'était un nain primé
Et puis j'ai connu un autre nain
C'était une naine
Non, sans rire,
Celui que j'ai le mieux connu
C'est celui qu'on appelait « Hé, Vendre ! »
Un jour il mit le feu jusqu'au « R.D. de son prénom
Ce ne fut plus qu'un nain sans « DR »
Plus que des cendres froides
Des cendres, des cendres
Descendre, descendre
Il était un grand figuier
Qui donnait en toute saison
A qui voulait y goûter
Des fruits doux comme des bonbons.
Privilège du long cou,
La Girafe, en Reine, se réservait
Bien bronzés sur les deux joues
Les fruits murs du sommet.
Trois macaques obséquieux
Peu avares en révérences
étaient prêts à toutes les danses
Pour dîner pas trop loin des cieux
L'éléphant, juste en dessous
Long de trompe, sinon de cou
S'adjugeait en bon notable
Une part fort confortable
Plus bas, c'étaient les gazelles,
Délicieuses demoiselles
Qui d'un bond savaient cueillir
De quoi se ventre garnir.
Et ainsi à chaque étage,
Profitant du grand partage
Chacun pouvait faire ripaille
Selon son rang et sa taille,
Les petits comme les grands
Les maigres et les bedonnants
Les agités et les calmes,
Ceux à plumes et ceux à palmes,
Ceux qui se lèvent à midi,
Ceux qui dînent à minuit,
Jusqu'aux fourmis minuscules
Se léchant les mandibules
Et garnissant le bidon
Des restes tombés à foison
Mais un jour, est-ce par caprice,
Gourmandise ou avarice
Dame Girafe se mit en tête
De faire plus bas ses emplettes
« Les fruits murs à ma portée
Ne me suffisent qu'à moitié
S'il me plaît de mieux dîner
Les autres n'ont qu'à jeûner.
Après tout je suis la Reine,
Qui pourrait m'en empêcher ? »
N'écoutant que sa bedaine,
Elle se gava sans compter
Les macaques dérangés
Eurent beau faire la grimace
Il leur fallu décamper
Et plus bas se faire une place
L'éléphant n'eut d'autre choix,
Sous peine de perdre poids,
Que de dîner lui aussi
Chez un voisin plus petit.
Et ainsi de proche en proche
Pénurie se répandit
Chacun allant faire les poches
A plus démuni que lui.
Résultat : en bas d'échelle
La famine s'installa
Courants d'air dans les gamelles
Colère dans les estomacs.
Ne voyant jusqu'à leurs pieds
Plus rien tomber du figuier
Les fourmis, criant famine,
S'attaquèrent à ses racines
Elles y mirent tant d'ardeur,
Énergie du désespoir,
Qu'un beau jour sous leurs clameurs
Sur le sol on le vit choir.
Adieu trône et panacée
Plus de figues sans figuier !
Édifice mal gouverné
Ne demande qu'à s'effondrer …
L'empereur nouveau venu
promptement auto promu
Au moment de s'investir
Ferait bien d'y réfléchir
Laisse moi te guider
Vers Boundary Bellow
Laisse toi glisser
Dans le sillage du corbeau
Oublie ton corps
De gesticulante poupée
Les dernières traces de remord
Seront bien vite évaporées
Ne sois que plume légère
Et cercle de fumée bleutée
Alors mes essaims d'éphémères
Pourront venir et t'emporter
Ferme les yeux
Oublie les couleurs du passé
Cherche dans les gris du soir
Les dernières teintes à décliner
Là tu te glisses déjà
Par la serrure du donjon
Entends-tu l'echo des voix
Montant d'oubliettes sans fond ?
Prends garde aux voiles
Ornant les ogives croisées
Ce ne sont que pièges gluants
Tendus par veuve l'araignée
Évite les miroirs
Ces pacotilles ébréchées
Si tu croises ton propre regard
Il pourrait bien te foudroyer
Monte dans la spirale
Sans jamais te retourner
L'œil cyclope de la mygale
Ne pourra t'hypnotiser
Laisse moi te guider
Vers Boundary Bellow
Vois rebondir au loin
Ces hordes de cybornes en cloque
Jette leur pour les distraire
Quelques grenouilles ventriloques
Embrasse la chimère
Mais surtout ne va pas gouter
Son brouet d'amanites amères
Et de lépiotes helvéolées
Sept fois tu dois sourire
A l'hydre roi des marécages
Alors ses délicates ondines
Te dévoileront le passage
Entre galets fumants
Et stalactites aiguisées
Ton âme de mécréant
Saura bien se faufiler
Avance, avance,
Ne te laisse donc pas distraire
Ce ne sont là par terre
Que quelques vipères envoûtées
Allons, mortel, courage !
Et surtout couvre ton visage
Ne vois tu donc là dans leur cage
Ces moignons de pestiférés
Avance, avance,
Et laisse moi te présenter
Le gardien de cette frontière
Le maître de l'autre côté
Satan, un pote d'enfer !
Je ne crains ni Gengis ni ses 1,
Je pourrais même dévorer l'un 2
Les ailes bleues de l'envol je m'oc 3
Je sais pouvoir conjurer le sort de Guerni 4
Très vite tu sentiras sous mon 5
Palpite un cœur avide d'inédits exer 6.
Vous les vieux croûtons ne nous avez laissé que 7
Étendue stérile et polluée de terre c 8
Où bientôt n'éclora plus un 9
Où sont morts vos espoirs de ja 10
Toutes les belles promesses que vous nous faites depuis l'âge du br 11
Dire qu'elles ne sont que vents et bavardages n'est qu'un 12
euphémisme.
Allez viens, suis moi, que tu sois parisienne ou cas 13
Plus jamais nous ne tomberons dans leurs guerres de 14
Plus jamais nous ne mettrons le nez dans leurs bou 15
Nous fuirons leurs chapelles, leurs mosquées et leurs dio 16
Nous ne croyons en rien de ce qu'il y est 17
Année nous croquons la vie du haut de nos 18 !
Oui cette année l'avenir est à nous, du haut de nos 18 !
Saxophone : Guillaume Aumage
Et si c'était le dernier train
Et si l'on payait tout demain
Et si c'était la Saint Glin-glin
De toutes nos vérités en plastique
De chez mon Prisunic
En face
Et si c'était à refaire,
Et si l'on marchait à l'envers
Et si Dieu n'était qu'un p'tit pois
Et si l'enfer était en bois
De platane de chez mon petit square
En face
Et si et si et si et si
L'on mettait Paris en bouteille
Le périf serait-il bouché
Et si et si et si et si
A l'heure où Paris s'embouteille
Un traversin dans chaque oreille
On retournait se coucher ?
Et si l'argent faisait l'bonheur
Si y' avais plus d'panne d'ascenseur
Et si pour palper notre salaire
On faisait marner les p'tits hommes verts
De chez la planète Mars
En face
Et si nos corps étaient moins lourds
S'il suffisait pour faire l'amour
D'ouvrir nos ailes de poisson
Pour se poser sur le balcon
Galactique de chez Marie Cécile
En face
Et si et si et si et si
L'on mettait Paris en bouteille
Serait-elle millésimée ?
Et si et si et si et si
A l'heure qu'il pleut des tours Eiffel
Du soleil humide entre les orteils
On se servait un évier
De whisky sec
Si finalement l'argent du beurre
Avait comme une drôle d'odeur
De camembert asticoté
A maître Renard allécher
Mais si le corbeau en retard
Posait un lapin au renard
Et que ce lapin prévenu
Se fasse doubler par sa Tortue
Si la tortue à jouer bien
Se donnait un mal de chien
Et que ce chien à carapace
Cognait la caravane qui passe
Forçant un chameau en guenilles
A passer par l'trou d'une aiguille
Égarée dans une meule de foin
Tout ça pourrait nous mener loin
Eh, faites gaffe quand même
Tout ça pourrait nous mener loin
Attendez voir que j'calcule
Voyons si j' vous pose deux
Vaudrait mieux retenir trois
J'aurais aussi bien pu poser nu
Mais là j' vous retiens plus
Voilà voilà j'arrive
Mais oui mais oui, c'est ça
On finira tous au paradis
A tricoter des spaghettis
On finira tous au paradis
A tripoter des raviolis
Tant mieux
C'est quoi cette plante dans mon jardin,
J' l'avais pas vue hier
Regarde moi ces feuilles, on dirait des mains
De voleur
Elle est plutôt belle, Comme elle s'élance
Une tige fine et sans épines
Mais on m' la fait pas J'ai pas confiance
En ses racines
Je n' sais pas comment elle est arrivée
J'ai pas vu d' mes yeux vu
Mais je sais bien qui je dois soupçonner
Crénom de gu !
C'est que j'en vois passer, sous mes nuages
Des oiseaux migrateurs
Qui me lâchent sur le nez leur plumage
De couleur ! [ j'aime pas trop la couleur ]
Moi, tout c' que j' demande
C'est un peu d'ordre dans mes plates-bandes
Qu'on me laisse tranquille, tranquille
Est-ce vraiment trop demander
Que de n'être pas sans cesse dérangé ?
Jardiner tranquille, tranquille
J'ai rien contre les graines estampillées
D'origine étrangère
La preuve que je suis cool, j'ai bien adopté
La pomme de terre
J' reconnais volontiers quelle nous a tiré
De plus d'un sale hiver
C'est pas une raison pour supporter
La terre entière
Je me doute bien, vu d'où elle vient
La petite maligne
Qu'elle préfère se gaver sur MON terrain
Les étamines
C'est vrai qu' la terre est riche dans l'quartier
Faut voire c' qu'on y gaspille comme engrais
Mais on peut pas tout de même empiffrer
Toute la forêt [ j'aime pas trop la forêt ]
Moi, c' qui m' fait rêver
C'est de belles rangées de navets
Des légumes faciles, dociles
J'aimerais tant cultiver
Rien que des baguettes ou des bérets,
Du pas xénophiles, du local style
J' peux plus les supporter
Ces végétaux sans pédigrée
Aux fleurs graciles, oui mais inutiles
Moi, tout c' que j'espère
C'est le respect de ma frontière
Qu'on me laisse tranquille, immobile
Dans mon argile
Immobile , un veux fossile
C'est quoi cette plante dans mon jardin,
Elle y était pas hier
Regarde moi ces feuilles, on dirait des mains
De chômeur
Moi ma terre j'y ai transpiré
Week-ends et jours fériés
Les ampoules de mes mains j' vais pas les lâcher
Plutôt crever !
Crois moi, j'ai rien contre partager,
Mais pas des trucs que je m'ai gagnés
Ici c'est mon île, j' veux y vivre tranquille,
Je ne suis pas trop diversité
J' penche plutôt consanguinité
Je baigne dans mon huile, mon nombril
Pourquoi devrais-je te respecter,
Toi, t'es même pas né dans ma vallée
Laisse moi donc tranquille, dans mon asile
Moi, les légumes importés,
Y' a rien a faire, j' peux pas les digérer
J'ai le foie fragile, plein de bile,
Qui a dit débile ?
Ça fait bientôt 10 ans que j' me colle leurs trombines,
Chaque matin au p'tit dèj je prépare les tartines
Je mets de la confiture et du bon beurre dessus
Á moins qu'ce n' ce soit l'inverse, des fois je n' me rappelle plus
Et j'découpe des p'tits fruits, pour qu'y ait des vitamines,
Tout ça sans faire de bruit, tiens les voilà qui radinent.
Y' en a une qui dit qu'elle a pas faim, elle se prépare une fondue,
L'autre qu'a pas faim non plus, elle met du Nutella d' ssus
J'en peux plus, j' suis fatigué, c'est un vrai truc de fou,
Qui pourra m'expliquer que j' peux plus m' passer d' vous ?
Eh oui, bientôt 10 ans que j' me coltine leurs fioles
Je n'sais pas c' qui m'retient d'leur coller des torgnoles
10 ans qu'elles me vomissent à l'arrière d'la bagnole
Bon là on est l'matin, je les emmène à l'école
Y' en a une qu'est montée derrière, y' en a une qu'est montée devant,
Mais bien sûr celle qu'est montée derrière, elle veut absolument aussi monter devant
C'est pas juste, c'était toi hier, pousse toi ou je dis tout à maman
Je m'en fous je raye la portière, et ton sac à dos je crache dedans !
J'en peux plus, j'en ai marre, j'ai le cerveau qui d' vient tout mou,
Pourquoi malgré ce tintamarre je n'peux plus m'passer d' vous ?
Ça fait déjà 10 ans, que je suis à leur service,
Passe moi ma brosse à dents, viens faut re-skotcher une vis,
Oh non, pas encore du poisson, avec des légumes en brochetze
On te l'a déjà dit dix fois, on préfère vomir des neugetzes
Papa on est fatiguées, est-ce qu'on peut se reposer ?
Traduisez jouer à la DS en regardant la télé
Pas moyen d'en tirer quatre notes de piano,
Ah si les voilà qui s'y collent quand j'écoute la radio
J'ai l'plafond embrumé, la breloque qui va dérailler,
Même avec les 4 pneus crevées, d'accord pour continuer
Ça fait bien long 10 ans, à supporter leurs âneries,
Et encore, elles c'est rien, y' a toute une ménagerie
On peut pas faire sa toilette sans marcher sur un chat
On peut pas aller aux toilettes sans pisser sur Doga
Au milieu du salon, on ramasse des étrons,
Caché sous la moquette, du vomis de croquettes
Mais papa, tu comprends rien, tout ça c'est bien normal,
Nous quand on sera grandes, on mettra des cheval s
J'suis foutu, je vais craquer, j'ai la courge en bouillie
Qui pourra m'expliquer que sans elles je m'ennuie ?
Ça fait bientôt 10 ans, qu'on suit le même chemin
Et je ne rêve que d'une chose, c'est qu'un jour ça fasse 20
Que savez vous de l'amour,
Tas de clodos, ramassis de pucelles
Vous qui n'avez jamais connu
Ni Mister P. ni Mademoiselle Stelle
Je sens bien que vous piaffez
de connaître toute la vérité
Afin que ma langue se libère
Il vous suffit de verser dans mon verre
Du rouge
C'est un vendredi soir banal,
Dans la proche banlieue de Lamballe
Faut valser comme des pingouins au bal
Autour des ronds points baignés de lumière sale
Mister P est complètement tout seul,
Dans sa Simca 1000 asthmatique
Y s' gare au parking de chez Lideul
Et s' dépêche d'aller claquer son fric
Sa paye
Par le tourniquet vitré de l'entrée,
Comme un pauvre moustique, aspiré
Mister P. se laisse ballotter
Comme un vieux sac plastique, vidé
Dans le flot d' hagardes rombières
Baveux zombis aux crocs de vampires
Une idée fixe dans la soupière
Remplir, remplir, remplir
Le caddy
Il trouve un refuge précaire,
à l'angle du rayon chaussures
Il se recoiffe, se recale la paire,
Quand une voix divine lui susurre :
" Dès ce soir, ô client très cher,
Tu pourras super marcher
Toutes nos baskets de marque repère
Sont pour toi seul à prix sacrifiés "
C'est le pied !
Au rayon déodorants tifrices,
elle l'a déjà devancé
Qui ça? Madmoiselle Stelle bien sûr sans artifice,
Vous l'aviez sans doute déjà deviné
Elle lui glisse tendrement dans l'oreille,
De ses petits conseils avisés
Lui glisse fermement dans la corbeille
Un pack de cotons tige parfumés
Au crabe
Échoué au rayon poissonnerie,
Son panier à neurones se déchaîne
Cette voix enjôleuse qui comme une marée le suit
Plus l'ombre d'un doute c'est une sirène
Il sent sa raison défaillir,
comme jadis ce bon vieil Ulysse
Quand elle lui conseille de saisir
La promo sur les écrevisses
Pas lourdes
Mister P. faut pas lui en compter
Y sait qu' les sirènes ça vit dans l'eau
Et comme de métier il est plombier
Y sait que l'eau ça vit dans les tuyaux
Ni une, ni deux, le v' là qui dégaine
Sa panoplie de clefs à molettes
Et comme un cinglé il se déchaîne
Sur l'alimentation des toilettes
Ça gicle
Mister P. a de l'eau jusque sous les aisselles
La supérette est évacuée
C'est la foire à l'éponge au rayon vaisselle
On entend la sirène des pompiers
Quand soudain, surgie de nulle part
Surfant une boite de caviar
Elle lui fait le coup du T-shirt mouillé
La sirène du supermarché
Il craque
La Bretagne est un pays rude
Infesté de bretons et de bretonnes
La Bretagne est un pays prude
Un repaire de curetons et de nonnes
Pas question de vivre dans le pécher, c'est mal
Enfin pas plus d'une vingtaine d'années
A près délibération bi décennale
La terrible sentence est tombée
Faut les marier
Bon ben, c'est fait.
Un chat qui funambulait
S'envole sans préambule,
Voyez-vous ça ?
Un essaim d'algues a l'air
De s'faire bronzer les seins à l'air
Ouais l'essaim a l'air
Et ce plateau des cerfs
Toutes cornes dehors
Qui timides se serrent
Sur le divan au son du cors
Et Joce c'est nécessaire
A deux doigts de leur nez se sert
Encore un p'tit verre,
Encore un p'tit verre
Des poules en ambulance
Qui veulent bien avoir l'obligeance,
Voyez-vous ça ?
Trois p'tits caniches élégants
Qui trompent les biches et les faons
Sans défense
Et dans son aquarium,
Sous sa tente stalactite
Le roi des hyppos campe
Qui voulait voir la mère des truites
Et Joce un peu livide
Vautré sur son lit vide
Encore un p'tit verre,
Encore un p'tit verre
La belle sœur d'une abeille
Qui se taperait bien une autre ruche
Voyez-vous ça ?
La peur que demain le veille
Ce soit machin ou bien truc Muche
Et là la chorale
Des p'tits chanteurs de la croix d'bois
Qui veut encore all-
-er voir s'il reste des notes au fond des bois
Et Joce, est-ce un tord,
Change ses boules Quiès et torche
Encore un p'tit verre,
Encore un p'tit verre
Je suis rentré un peu tard
Toi tu traînais dans le couloir
Je t'ai pas proposé d'entrer
Mais tu as du te faufiler
Faut dire je tombais de sommeil
Même pas remonté le réveil
Toute la nuit t'as du trifouiller,
Tes doigts tentacules allongés
Dans le noir secret des tiroirs
Á la recherche de jeux de clefs
Des codes secrets du vieux grimoire
Avec ton air d'improviser
Je te trouve bien organisé
Le lendemain un peu patraque
J'avoue j'ai traîné au plumard
Sans soupçonner tes plans d'attaque
Ton nez fouinant dans mes placards
T'as pris le temps de faire ton nid
Sans demander la chambre d'amis
T'es si mignon et si petit
Mais je te trouve bien malpoli
Quand est venue l'heure du dîner
T'avais déjà ouvert l'frigo
Sorti les nouilles et les pâtés
Et les cracra pour l'apéro
De voir ce tas tout mélangé
Ça m'coupe le goût et l'appétit
Je t'aurais bien accompagné
Mais j'préfère gerber dans mon lit
T'es bien sympa et pas bien grand
Mais je te trouve un peu gourmand
Que tu mettes les pieds sous la table
J'dis pas, ça restait supportable
Mais maintenant que t'as les pieds dessus
J'trouve ça légèrement superflu
Depuis que t'as coupé l' chauffage
J' me les gèle à tous les étages
Et t'arrêtes pas de monter le son
Moi ça m' résonne dans le melon
Tu dé-chaînes ma télé vision
Tu respires l'air de mes poumons
Avec ta p'tite tête couronnée
Moi je te trouve plutôt gonflé
Depuis qu' t'es là j'ai plus d'amis
Ou ils n'avancent que masqué
Y veulent pas de toi dans leur lit
y veulent savoir c' que t'as bâfré
D'autant que tu t'es pas pointé seul
T'es venu avec toute ta tribu
De fanatiques du linceul
De boulimiques jamais repus
Vous auriez pu attendre non
Avant d'attaquer le buffet
Que j'ouvre la porte du balcon
Que j'décide de déménager
J'aime la bio diversité
Mais je vous trouve un peu pressés
50 balais à balayer
49 9 centimètres cube
48 heures d'opéra à la sauce Vivaldi
47 poireaux en rang d'oignons
46 clopes à fumer à l'œil
45 mouches à éclater
44 tubes de peinture à l'huile
43 films UGC à revoir
42 romans noirs dans le tiroir
41 bisous tous les soirs
40 et une raisons d'y croire
39 45
38 huîtres
37 degrés le matin
36 chandelles belles
35 serpillières
34 Hérault (ou plutôt héroïnes)
33 pétales de fleurs séchées
32 rue Saint-Férréol
31 cours d'informatique
30 paires de chaussures bien rangées dans le carton
29 T-shirts sans étiquette
28 draps blancs pour lapin vert
27 mois en Angleterre
26 dromadaires
25 kilos d'endives blanches
24 heures d'aspirateur
23 ordinateurs en dépannage
22 belles vaches normandes
21 langues de bœuf gourmandes
20 GewürtzTraminer
19 mai 1957
18 colliers de perles
17 huiles et 100 ciels
16 cent 64
15 sans 15
14 dix-huit
13 zéro zéro un Marseille
12 tonnes de terreau
11 bonnes heures de sommeil
10 doigts, à demain !
9 œufs
8 mois et 3 jours d'attente
7 ciels où passent de beaux nuages
(0)6 14 28 15 09
5 heures du mat, j'ai des frissons
4 litres de café noir
3 frères et sœurs
2 filles jumelles
mais une seule
une seule
Sortir de l'ombre ronde
Les neons dans les mirettes
Le front plissé à la vapeur
Arrachées à l'autre monde oblong
Plein de bulles et de douceur
Même pas peur
Même pas peur
Les poumons envahis
Par l'essaim glacial
De secs scalpels
Les tympans farcis de décibels
Ballotés par des pognes
Tendres comme des pelles de tracteur
Même pas peur
Même pas peur
Elle, échouée,
Baleine pleine
Torboulée de crise en crise d'hyppopotamie
Elle enchaîne, sereine, les semaines
Et les nuits qui amplifient
Moi, perplexe
Et à chaque fois surpris
Par les vagues qui courent
Sous son nombril
Elle, belle
Paire de mamelles
Moi, de quoi j'ai l'air
Père de jumelles ?
Arrivées toutes nues,
Et étrangères
Sur une bien drôle de terre
Cernées par les t'as plus qu'à faire
Le cordon zigouillé
Plus question d'enclencher
Le bouton de marche arrière
Même pas peur
Même pas peur
Allez, Sacha Lilou, on y va ?
Djil est sorti dans les herbes folles éprises de givre
La lune venait de s'y baigner,
Il n'était pas vraiment pressé, ni rien d'autre, non,
Juste voir où ses vieilles godasses en bois
Pourraient bien le marcher
Djil a suivi dans la neige des traces légères,
La lune s'était cristallisée,
Danser, danser sur les pas de loup dans les congères,
L'a conduit jusqu'à sa tanière
Il n'aimait pas vraiment chasser, ni rien d'autre, non,
Juste voir si leurs rêves conjugués,
Pourraient bien les bercer
Djil s'est réveillé dans une chambre étrangère
La lune s'était démaquillée
Elle sentait bon le pain doré, la boulangère
Qui souriait à sont chevet
Il savait pas vraiment aimer, ni rien d'autre, non,
Juste voir si ses lèvres affamées
Pourraient bien l'enivrer
Djil a trébuché sous la lame d'acier lourde d'éclairs
La lune commençait à saigner
Dans les yeux fous du boulanger ivre de colère
Il n'avait personne à prier,
Il savait pas vraiment mourir, ni rien d'autre, non
Juste voir où son âme évaporée
Pourrait bien, loin, loin, l'envoler
Djil est parti dans les brumes indécises
La lune s'était déjà noyée
La lune s'était déjà noyée
Acte I
Pierre est seul il arrive au bureau
Devant lui une grosse journée de boulot
Va falloir avant la pause du déjeuner
Lire les news du Monde et le Canard Enchaîné
Woaou
A peine lundi et déjà j’suis mort Vivement les RTT
Mais comment voulez-vous que je garde le moral ?
Carla s’est encore foulé une corde vocale
Et pendant que les Bush nous refont le coup du Wietnam
L'essaim des Sarco-mouches nous harcelle à Panam
Avec ça la planète qui fait que s’échauffer
Va falloir vivre en slip comme les bamilikés
Le CAC à la dérive et les bourses écroulées
Je vous jure que c’est vrai, là, c’est écrit dans Libé
Mais Pierre Il s'en fout, il a Waloo
Pour Pierre tout va bien Y craint dégun !
Il sait bien qu’c’est elle Qui tire les ficelles.
Acte II
Waloo seule à la fête du quartier
Tout va bien le chatelet ne s'est pas écroulé (pas encore)
Devant les marionnettes 200 mômes affalés
Qui lui lancent des rires et des crottes de nez
Mais soudain tout d'un coup au passage d'un typhon
Zéphyrette amoureuse a lâché son ballon
En montant le ballon a croisé la girafe
Profitant d'son élan il lui a collé une baffe
La girafe vexée en a perdu ses taches
Qui sont venues zébrer les fesses blanches de la vache
Un carton affamé se prenant pour un lion
N'en a fait qu'un bouchée sans même cracher le croupion
Pourtant Hortense, c'est son spectacle, c'est elle qui l'a écrit
elle y met tout son coeur, elle y met toute sa vie.
Mais Waloo elle en a rien à faire Elle a Pierre !
Pour Waloo tout va bien Elle craint dégun !
Son petit tas d'Pierre Elle y croit dur comme fer.
Acte III
les voilà enfin en RTT
La voile est dépliée la BM est pliée
Trois p’tits pas en avant , les voilà envolés
Accrochées aux nuages, l’esprit évaporé
Hoooo ! c'que c'est beau, des cumulo-nimbus !!
Pierre maintenant qu'on est seul, tu m'en roule une petite ?
Désolé j'ai pas le temps faut qu' j'enroule un thermique
Norbert on fonce dans un Airbus A320 !
Meuh non, c’est un Boeing, t’y connais vraiment rien !
Hé Pierre, moi yé pas d' place, tou veux bien té pousser ?
Pouis que tou me l' demande oui, yé veux bien t'épouser
Hé pierre, tou trouves pas qu'la voile part en sucette ?
T'inquiètes pas j' maîtrise j'ai pris mon altimètre
Oui Pierre, y s'en fout, il a Waloo
Pour Pierre tout va bien' il craint dégun !
Il sait bien qu’c’est elle qui tire les ficelles.
Et Waloo elle en a rien à faire, elle a Pierre !
Pour Waloo tout va bien, elle craint dégun !
Son petit tas d'Pierre elle y croit dur comme fer.
Monsieur le Directeur,
J'aime beaucoup c' que vous faites,
Et même j'adore l'odeur qui plane dans vos ateliers
Hum, la graisse à boulons !
J'ai des diplômes, plein mon V.C.
C'est dire si j' me suis spécialisé
Dans tous les domaines
J'aimerais tellement être des vôtres,
En faire mon métier
Monsieur le Directeur,
Veuillez agréer yé !
Monsieur, vraiment,
Nous sommes extrêmement flattés,
Du vibrant intérêt que vous nous portez
Nous conservons bien sûr votre C.V.
Qui nous a vivement interpellé
Croyez que nous sommes au regret
Etr fortement chagrinés
Monsieur de devoir
Vous envoyer chier yé !
Ben ouais mais …
Moi qu'est-ce que j'vais faire, de ma peau ?
Monsieur le Directeur,
J' me permets d'insister
Car j'ai un oncle qui travaille à vos côtés
Depuis des années
Il vous dira mes compétences
Et nombreuses qualités
Dont je n'ai qu'une hâte,
c'est vous faire profiter
Ensemble nous ferons
Rebondir votre société
Monsieur le Directeur
Veuillez agréer yé !
Monsieur, vraiment
Nous sommes très très très étonnés
Que vous et votre oncle
Ayez l'air aussi mal informés
Les ateliers de montage seront bientôt délocalisés
C'est la rançon d'la compétitivité
Faire bosser les niakoués
Le brave tonton Bébert sera gentiment compressé
Salutations distinguées …
Ben ouais mais …
Moi qu'est-ce que j'vais faire, de ma peau ?